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DANGER SOCIAL MEDIA

Cet article va peut-être en choquer plus d’un… Vous pensez sûrement que c’est une blague, un teaser pour susciter l’intérêt, et bien vous vous trompez …

Je me veux depuis plus de 4 ans le fervent défenseur de ces fabuleux outils de communication favorisant le partage d’informations, donnant une nouvelle dimension à l’échange et permettant à tous de pouvoir vivre sa passion et transmettre ses rêves, ses envies, ses projets fous et ses émotions. Un fervent défenseur de ces plates-formes qui se disent créatrices de liens (numériques), force de synergie de projet, ou tout simplement des « réseaux sociaux » permettant de garder contact avec des personnes que l’on apprécie…

IL ÉTAIT UNE FOIS LES RÉSEAUX SOCIAUX 

social media storyUn moyen de communication rapprochant les gens par sympathie, par centres d’intérêt ou par empathie, permettant de réaliser des plaisirs simples de la vie (parler à sa grand mère de l’autre côté de la France), des projets fun (une fête entre amis), des souvenirs (des photos), un peu de n’importe quoi (des vidéos YouTube), des statuts incompréhensibles ( tu ne peux les comprendre que si tu as vécu la situation #principedecommunauté).

Avec le temps, j’ai pu me rendre compte que ces plates-formes, notamment l’une d’elle plus connue sous le nom de « face d’un livre » permettait, sous réserve, d’être créatif et d’avoir la bonne idée au bon moment de réussir à capter une audience (pardon ce mot n’existait pas encore) un nombre d’amis, dépassant de très loin celui que l’on aurait pu avoir dans la vraie vie. Un moyen de pouvoir donner plus de poids à ses idées, ses projets, ses actions… Le tout était d’être innovant dans sa manière de communiquer, toucher les émotions de nos amis et c’était parti… Pas de recette secrète hormis peut-être l’idée, l’envie, la sincérité et la sympathie…

Ces réseaux sociaux tirent leurs forces de chaque ami et des amis de chaque ami avec leur capacité à diffuser l’information, par plaisir, sans aucune obligation, hormis l’envie donnant parfois au message une portée plus grande que l’on aurait imaginé ; la force du « viral » dans toute sa splendeur, donnant un nom à ce que beaucoup recherchent aujourd’hui et qui fait rêver : le buzz …

Ce tsunami d’intérêt pour une publication (statut, vidéo ou images) vous propulse de manière éphémère et non contrôlée au rang de star des réseaux sociaux ou plutôt actualité de l’instant T qui fait parler… Un phénomène jouissif pour nombre d’entre nous car il est bon d’être au cœur numérique de l’attention, autant de like que Jay Z ou que #TPMP c’est agréable, alors on ne va pas s’en priver.

En même temps, les marques, ayant découvert le potentiel, s’y sont très vite infiltrées, armés de moyens financiers, de concepts marketing et de leviers émotionnels ; elles ont très vite trouvé leur place dans un environnement social qui leur était proche, empli de confiance, de partages, de transparence et de sincérité…

Des plates-formes qui se voulaient créatrices de liens, force de synergie de projet, ou tout simplement des « réseaux sociaux » permettant de garder contact avec des personnes que l’on apprécie…

3LIKESSauf que tout doucement, sans s’en rendre compte, l’échange se fait pour soi-même et l’on devient sans le savoir « selfie Ce principe où l’échange est unilatéral dans le sens où on ne donne pas pour donner, juste pour recevoir ou avoir l’impression d’être, l’impression d’être numériquement en vie...

Recevoir des centaines de likes sur sa dernière photo « complétement naturelle », lancer un statut plein de sens (ou d’insultes) qui fera réagir et qui explosera le nombre de partages (qu’importe les conséquences tant qu’il me permet de buzzer), créer un moi parfait bien loin de ce que je suis en réalité mais ça, mes amis, mes fans ou tout simplement les nombreux contacts que je ne connais pas mais que j’ai pu ajouter ne le savent pas et ne le sauront jamais …

 Une seconde life que je ne pensais pas imaginable mais on en est tous un peu infecté, un Walking Dead 2.0 où le virus se développe en même temps que notre addiction et notre popularité.

1 800 AMIS,1 300 FOLLOWERS, 29 000 FANS …

JELIKEj’ai 1 800 amis, 1 300 followers, 29 000 fans mais je n’ai pas le temps de voir mes amis et de prendre le temps de profiter de ma famille… Impossible et pourtant vrai. Je me rends compte que ma vie sociale numérique est tellement importante que j’en néglige la vraie…

Les likes prennent plus d’importance que le plaisir d’une discussion ou d’un café, je ne vis pas les évènements sur le moment mais en différé, je prends plaisir à vivre un instant à partir du moment ou je l’ai posté… Incroyable, impossible et pourtant tellement vrai …

Vivre l’instant présent et profiter ne veut pas dire prendre une vidéo et essayer de montrer à tout prix en photo que vous vous amusez… Ma vie est un film ? Non ? Alors pourquoi je me sens obligé de tout le temps la commenter, d’en faire une histoire (faussement) extraordinaire, d’extrapoler le bonheur vécu pour « tenter » de me donner une vie numérique que tout le monde voudrait « vivre » – pardon – liker.

 Des plates-formes qui se voulaient créatrices de liens, force de synergie de projet, ou tout simplement des « réseaux sociaux » permettant de garder contact avec des personnes que l’on apprécie…

Même les instants qui devraient être des moments d’échanges et de convivialité se transforment en open space numérique où on est ensemble juste par la présence physique, on se parle peu car on doit assurer notre image numérique. On en a juste pour cinq minutes (environ toutes les cinq minutes) et comme on est quatre et qu’on ne reçoit pas les notifications au même moment, on passe notre temps sur notre téléphone à gérer une vie par écran interposé. Mais ce n’est pas grave, je me rattraperai, je te mentionnerai en disant que j’ai passé un super moment avec toi tout à l’heure, amitié réelle détruite mais image numérique valorisée.

I HATE LES RÉSEAUX SOCIAUX  

social media dangerJe hais les réseaux sociaux, non pas pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’on a en fait, un outil social personnalisé où le culte du Moi vaut plus que la valeur du commun, un principe de base… oublié.

 Je ne blâme personne car je suis le premier concerné, mais j’en ai conscience et j’essaie de changer …

 Ce texte en est la preuve, je l’ai écrit pour moi et égoïstement je veux qu’il soit partagé.

Sauf que cette fois-ci, mon but est tout autre, je me fous des likes, des retweets, je me fous que vous appréciez ou pas mon idée, je me fous que vous m’ajoutiez comme ami ou que vous me bloquiez,  je souhaite juste que l’on se rende compte qu’il faut vivre… Vivre et ne pas juste vivre en étant connecté.

Les réseaux sociaux peuvent être bons si on les utilise de manière constructive et modérée mais qu’en aucun cas ils ne sont vos  » amis « , juste  peut-être des partenaires d’égo sur développé qui peuvent vous mener sans vous en rendre compte à une solitude socialement profonde mais numériquement dissimulée.

Written by | Emmanuel Chila

Consultant en communication, fan de poulet et de Thomas Ngijol, Fondateur de XYetZ, et auteur du blog Chroniques d'un ex jeune célibataire je suis légèrement addict au numérique, à l'échange et au partage ... Ma philosophie : parce qu'on est rien sans les autres.

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